Echos de Silences

Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 04:42

 

C’est d’abord un besoin approuvé par la conscience de rendre à l’âme ces mots qui soustraient le réel du regard objectif des sens, seuls capables d’en saisir la nature.

 

C’est ensuite une plume

Qui cherche à s’affirmer ;

Pourquoi parler d’enclume ?

Le besoin de rimer.

 

C’est alors la rigueur de la forme classique –

Baudelaire en abuse et se meurt aphasique.

 

De la prose au sonnet, un horizon de mers

Où l’oreille se noie à chercher les Enfers.

 

Au-delà du langage, un verbe sans voyelle

Où la bouche regarde et le regard entend ;

Rimbaud brûle ses vers pour voyager, boitant…

Bien d’autres souffriront sur la route mortelle.

 

L’appréhension du monde dans l’anarchie des sons, notes étouffées du nirvana perdu.

 

Echos de silences.

 

Des pauses sans conscience aux seules images sensibles reflétées par un miroir opaque.

 

Requiem en poésie majeure.

 

Impressions sur vers déclinant.

 

Pour s’être rassuré du noble alexandrin,

Le génie

Etrangle Mallarmé.

 

Marcher sur un éclair pour effleurer l’étoile

Quand chaque pas foudroie en son humanité.

 

Da. Da. Da.

 

Bouffée d’illusions sur plume suicidaire.

De la phénoménologie poésthétique aux chemins du Léthé

Règne du sens dans un besoin d’être

Où l’éclat de l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !

Ne se répète plus,

La Terreur dans les nues.

 

Pourquoi ? Comment ? Quel manque ?

Pour ainsi t’efforcer à tordre, presser, gauchir, démembrer en vain

Les mots ?

 

Proète fatigué d’observer en phrasés,

Ton galet s’est perdu : la mer recommencée.

 

Ombres chinoises

Du sang de l’âme

Sous le joug

De tes tourments diaphanes :

[tamyz]



Slévich, in "Echos de Silences", Anachorètes S.A., tous droits réservés. 

Par Slévich - Publié dans : Echos de Silences
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 03:36


– Toi, dont l’âme protège un titre désuet,

Qui crois voir en tes vers l’ultime synovie

Joignant l’Art au Bonheur sur un regard muet,

Profite de la vie !

 

Du moindre sentiment, tu te veux chroniqueur

Jusqu’à priver ton corps du jour qui s’atrophie ;

Le Mal encre ta plume afin que tout ton cœur,

Aux mots, se crucifie.

 

Tu déverses ton sang sur des fatras obscurs,

Abandonnant l’Espoir à Pandore assouvie :

N’es-tu las de ronger la moelle d’os si durs ?

Profite de la vie !

 

– J’ai goûté vos plaisirs, pitance de corbeaux…

La joie est éphémère et la flemme l’incise ;

Le Spleen ne déçoit pas : j’entretiens les flambeaux

Dont le feu m’exorcise.

 

Depuis longtemps déjà, l’écriture est le rein

Purifiant mon fiel pour que je ne me saigne…

Rappelle-moi : quel est le final souverain ?

La mort. Je m’en imprègne.

 


Slévich, in "Echos de Silences", Anachorètes S.A., tous droits réservés. 
Par Slévich - Publié dans : Echos de Silences
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