C’est d’abord un besoin approuvé par la conscience de rendre à l’âme ces mots qui soustraient le réel du regard objectif des sens, seuls capables d’en saisir la nature.
C’est ensuite une plume
Qui cherche à s’affirmer ;
Pourquoi parler d’enclume ?
Le besoin de rimer.
C’est alors la rigueur de la forme classique –
Baudelaire en abuse et se meurt aphasique.
De la prose au sonnet, un horizon de mers
Où l’oreille se noie à chercher les Enfers.
Au-delà du langage, un verbe sans voyelle
Où la bouche regarde et le regard entend ;
Rimbaud brûle ses vers pour voyager, boitant…
Bien d’autres souffriront sur la route mortelle.
L’appréhension du monde dans l’anarchie des sons, notes étouffées du nirvana perdu.
Echos de silences.
Des pauses sans conscience aux seules images sensibles reflétées par un miroir opaque.
Requiem en poésie majeure.
Impressions sur vers déclinant.
Pour s’être rassuré du noble alexandrin,
Le génie
Etrangle Mallarmé.
Marcher sur un éclair pour effleurer l’étoile
Quand chaque pas foudroie en son humanité.
Da. Da. Da.
Bouffée d’illusions sur plume suicidaire.
De la phénoménologie poésthétique aux chemins du Léthé
Règne du sens dans un besoin d’être
Où l’éclat de l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !
Ne se répète plus,
La Terreur dans les nues.
Pourquoi ? Comment ? Quel manque ?
Pour ainsi t’efforcer à tordre, presser, gauchir, démembrer en vain
Les mots ?
Proète fatigué d’observer en phrasés,
Ton galet s’est perdu : la mer recommencée.
Ombres chinoises
Du sang de l’âme
Sous le joug
De tes tourments diaphanes :
[tamyz]
Slévich, in "Echos de Silences", Anachorètes S.A., tous droits réservés.